Message de Maïtreyi Amma du 8 mars 2007

sur la paix dans le monde et le rôle de la femme

(texte lu à Assise lors d'une rencontre organisée par l'association italienne Shantimandir)

 

Le monde entier aspire à la Paix, et plus que tout autre encore les mères qui voient partir leurs enfants pour les zones ou sévit la guerre. Ces femmes qui ont peur pour les êtres chers lèvent les yeux vers le ciel, et c’est justement parce que leurs âmes s’ouvrent dans la prière qu’elles peuvent recevoir des inspirations pour le renouvellement intérieur profond. C’est un tel renouvellement qui peut faire naître une véritable culture de paix.

Voilà pourquoi les femmes ont un rôle important à jouer. Elles sont appelées à montrer le chemin qui mène à l’apprentissage de la compréhension du cœur, cette force qui calme et qui apaise, surtout au-dedans… En effet tant qu’il n’y aura pas de paix véritable à l’intérieur de nous-mêmes, toute paix dans le monde ne sera qu’une illusion temporaire et précaire : tout au plus une rémission de la maladie, mais pas une guérison.


 

Aucune cause ne peut justifier la haine et la violence. Le Divin regarde tous ses enfants avec le même amour. C’est seulement à cause du processus d’évolution, par le fait que les êtres humains traversent différents niveaux et phases au cours de leur évolution, que naissent la jalousie, la rancune et la domination de l’autre, qui à leur tour génèrent la violence.



Nous n’analysons pas nos gestes en profondeur, nous n’avons pas l’habitude de le faire et nous n’en prenons pas le temps – cela ne fait pas encore partie de notre conscience collective – alors nous réagissons de façon aveugle. Nous projetons toujours la faute à l’extérieur : nous l’attribuons à l’autre… Et pourtant c’est bien de nous-mêmes, de nos conflits intérieurs que naissent nos propres maladies, nos accidents, et toutes les séparations : des séparations dans nos familles, aux litiges avec le voisin, jusqu’à l’antipathie entre factions, jusqu’à la séparation la plus violente, celle de la haine entre nations.

Tout conflit naît de l’opposition entre deux polarités et il ne pourra y avoir de paix véritable tant que nous n’aurons pas appris à intégrer les deux polarités à l’intérieur de nous-mêmes. La polarité la plus évidente est celle entre le masculin et le féminin, entre l’élément yin et l’élément yang.
Depuis quelques temps, la Femme a commencé à réagir à des siècles d’oppression patriarcale. Cette ‘réaction’ a activé le yang en elle jusqu’à lui faire atteindre un niveau excessif, et sa féminité est devenue presque agressive. Refusant ce ‘rôle féminin’ que l’on associe désormais uniquement à des valeurs anciennes qui ont ‘fait leur temps’, la femme vit sa féminité et son affirmation personnelle sur un mode de compétitivité. Elle a ainsi tendance à aller au devant des situations et des relations avec une énergie qui va déclencher des enchaînements douloureux de façon inévitablement génératrice de Karma.

La femme quand elle est trop yang SEPARE – ce qui est fonction masculine - alors qu’elle pourrait ‘englober’, inclure, com-prendre : PRENDRE AVEC ELLE, et EN ELLE. Mais pour le faire elle doit se sentir MERE plus encore que ‘femme’. C’est ainsi qu’elle aura accès à cette dimension de compassion qui permet toujours de trouver une solution, quel que soit le conflit, quel que soit le problème.

Le (principe) ‘maternel-vécu-en-conscience’ est, bien sûr, tout autre chose que le ‘maternel viscéral et possessif ’ qui était gouverné, surtout, par l’instinct. Et il ne s’agit certes pas, ici, de replacer la Femme dans son ancien rôle de ‘gardienne prisonnière du foyer’ - (entre parenthèses il sera bon, cependant, de préciser que les longs siècles de domination patriarcale qui viennent de s’écouler étaient, à leur tour, un fruit karmique qui a fait suite au déséquilibre causé par des temps de matriarcat trop poussé… et ainsi de suite, dans le cadre des grands ajustements de l’Histoire.)
Non, il ne s’agit pas de revenir en arrière mais, bien au contraire, de construire un ‘mode’ nouveau, une nouvelle énergie, en donnant un sens nouveau à quelques points forts spécifiques, qui seront choisis et vécus ‘en conscience’.

Ce nouveau chemin est vraiment comme une gestation… et lorsque l’on attend un enfant il faut prendre toutes les précautions possibles, avoir toutes les attentions, mettre toutes les chances de son côté.
Le ‘rôle féminin à la mode ancienne’ n’était qu’une caricature du potentiel que le ‘Féminin’ porte en lui et qui attend encore de voir le jour : celui d’une femme mère -et –déesse qui deviendra vraiment digne de vénération parce qu’elle saura rendre claire et lumineuse la vie de tous les jours. De telles femmes sauront animer chaque heure et chaque geste de la dimension sacrée qui guide, de façon naturelle, ceux qui ont su se reconnecter avec le Divin.
C’est alors que la Femme pourra véritablement montrer le chemin, car le jour où l’Homme aura appris, lui aussi, à développer son amour maternel, un équilibre entre les deux polarités pourra s’établir et cet équilibre transformera la société selon une possibilité de développement nouveau qu’apporte le Temps présent.

D’autre part, l’aide du Divin est là.
Krishna a promis, dans les Textes sacrés : « je reviendrai d’ère en ère, toutes les fois que le Dharma sera en danger, pour rétablir la justice et la Paix. »
Il ne nous reste plus qu’à entreprendre VERITABLEMENT la Route. Beaucoup pensent l’avoir déjà fait, mais ils ne sont encore que sur un ‘sentier’. Les religions sont des sentiers, mais ‘l’autoroute’ est la recherche de l’union avec le Soi et celle-ci est au-delà de toutes les religions tout en les comprenant toutes.

Toute guerre est le fruit de l’opposition entre deux polarités.
Lorsque les deux polarités fusionnent à l’intérieur de nous, la grâce divine descend et nous faisons l’expérience de l’amour absolu pour toute la création - alors il ne nous est plus possible de nous battre.


LA SEULE VERITABLE PAIX POSSIBLE EST LA REALISATION DU SOI !

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